Cette page vise à mesurer la « richesse » de la bande FM disponible dans les principales villes de France. Dans un premier temps, nous donnons une définition possible (parmi d'autres) de la « richesse » d'une bande FM. Dans un deuxième temps, nous indiquons le résultat que nous obtenons sur les principales villes de France à partir d'un indice défini pour mesurer cette richesse.

Mise-à-jour des calculs : février 2019

 

Définition

Si deux villes A et B disposent chacune de 10 fréquences, la ville A ne proposant que des radios nationales (catégories D ou E), la ville B proposant les mêmes radios nationales mais certaines avec décrochages locaux (catégorie C), chacun considérera que la ville B est plus intéressante, du fait des décrochages locaux et de l'implication locale de ces radios pour la ville B (notamment informations et publicités locales).

Si la ville C dispose également de 10 fréquences, certaines pour des radios nationales (catégories D ou E), d'autres pour des radios locales ou régionales (catégories A ou B), la bande FM de cette ville sera de nouveau considérée comme plus intéressante que celle de la ville A, pour les mêmes raisons que celles évoquées dans le cas précédent (à la condition que les radios locales ne soient pas sur-représentées).

Si la ville D dispose elle aussi de 10 fréquences pour des radios nationales (catégories D ou E), mais avec certaines radios étant sur une thématique spécifique (e.g. musique classique, électro, jazz, informations économiques, etc.) ou visant un public particulier (radios communautaires), chacun considèrera également que cette ville est plus intéressante que la ville A (à la condition que les principales radios nationales soient néanmoins représentées).

Loin de nier le rôle joué par les radios musicales et généralistes nationales dans la diversité de l'offre média disponible dans une ville, nous considérons, d'après les 4 cas d'espèces précédemment cités, qu'une bande FM pourra être qualifiée de « riche » si elle propose des radios nationales thématiques, des radios nationales effectuant des décrochages locaux, et des radios locales et régionales en complément des radios nationales musicales et généralistes. Autrement dit, on cherche à mesurer le fait qu'il n'existe pas que des réémetteurs passifs de radios nationales dans une ville.

 

Méthodologie

1 fréquence hors doublon = 1 point. Afin de mesurer la richesse de la bande FM d'une ville, nous avons d'abord relevé le nombre total de fréquences cadastrées par le CSA pour cette ville, en éliminant les doublons (une même radio qui émet sur deux fréquences différentes depuis deux sites différents). Ne sont pas prises en compte les radios temporaires (dont la durée d'existence est généralement trop réduite pour être prise en compte) et les radios autoroutières (dont la vocation est de couvrir les autoroutes et pas les agglomérations). Pour les fréquences partagées entre plusieurs opérateurs, nous considérons la fréquence dans sa globalité bien que plusieurs radios se partagent cette fréquence (ce choix étant justifié par le fait que les deux programmes ne sont pas disponibles en même temps).

Chaque fréquence hors doublon rapporte 1 point. Ce décompte constitue le nombre total de fréquences (T).

0,5 point supplémentaire par offre riche. Chaque fréquence attribuée à une radio nationale effectuant un décrochage local (catégorie C : principalement Chérie FM, France Bleu, Nostalgie, NRJ, RFM, RTL2, Virgin Radio), relevant d'une thématique spécifique (Beur FM, BFM Business, Chante France, FIP, Jazz Radio, Latina, Oüi FM, Radio Classique, Radio FG, Radio Nova, TSF Jazz) ou visant un public particulier (France Maghreb 2, Radio Orient, Radio Soleil), ou attribuée à une radio locale ou régionale rapporte 0,5 point supplémentaire. Ce deuxième décompte constitue le total scoré (TS).

Score final. Le score calculé est le rapport entre le total scoré et le nombre total de fréquences (TS / T). Il varie entre 1 (pour le cas où il n'existe que des radios nationales sans décrochages, ni thématique particulière) et 1,5 (pour le cas où toutes les radios décrochent ou sont sur une thématique). Afin de faciliter la comparaison, nous normalisons ce score.

Le score final est égal à : S = (TS / T) * 2 - 2

Ce score évolue entre 0 et 1. Plus la valeur de ce score est proche de 1, plus il est possible de considérer que l'offre proposée est riche.

La comparaison des scores ne doit néanmoins se faire qu'entre situations comparables. Typiquement, une ville avec 10 fréquences ayant un score plus élevé qu'une ville ayant 30 fréquences ne doit pour autant pas être considérée comme bénéficiant d'une bande FM plus intéressante...

Exemples :

Ces calculs ont été faits à partir du contenu de la base de données du site Mixture.fr (année 2019).

 

Résultats

Villes ayant entre 30 et 50 fréquences

RangVilleScoreNb Freq
1Paris (75)0.82050
2Marseille (13)0.78041
3Toulouse (31)0.75040
4Lyon (69)0.73241
5Lille (59)0.71031
6Nantes (44)0.69436
7Bordeaux (33)0.65735
8Grenoble (38)0.63936
9Montpellier (34)0.63633
10Rouen (76)0.63330
11Clermont-Ferrand (63)0.58834
12Limoges (87)0.55934
13Gap (05)0.43330

 

Villes ayant entre 20 et 29 fréquences

RangVilleScoreNb Freq
1Strasbourg (67)0.72025
2Vienne (38)0.71421
3Pau (64)0.69623
4Cannes (06)0.66721
5Tours (37)0.65529
6Nice (06)0.65529
7Ajaccio (20)0.63622
8Metz (57)0.62524
9Nancy (54)0.60025
10Caen (14)0.60025
11Dijon (21)0.59327
12Valence (26)0.58324
13Carcassonne (11)0.57121
14Calvi (20)0.57121
15Bocognano (20)0.57121
16Beauvais (60)0.56523
17Annecy (74)0.56025
18Orléans (45)0.55627
19Corte (20)0.55627
20Arcachon (33)0.55627
21Angers (49)0.55627
22Sète (34)0.55020
23Mulhouse (68)0.55020
24Saintes (17)0.54522
25Melun (77)0.54522
26Boulogne-sur-Mer (62)0.54522
27Bastia (20)0.54224
28Auch (32)0.54224
29Besançon (25)0.53826
30Amiens (80)0.53826
31Reims (51)0.53628
32Bourg-en-Bresse (01)0.52421
33Saint-Nazaire (44)0.52223
34Rennes (35)0.51729
35Brest (29)0.51729
36Troyes (10)0.50028
37Saint-Etienne (42)0.50028
38Chambéry (73)0.50028
39Le Mans (72)0.50026
40Avignon (84)0.50020
41Toulon (83)0.48127
42Poitiers (86)0.48127
43Laval (53)0.48127
44Lorient (56)0.46226
45Perpignan (66)0.45824
46La Rochelle (17)0.45020
47Cherbourg (50)0.45020
48Alès (30)0.43523
49Saint-Brieuc (22)0.42921
50Brive-la-Gaillarde (19)0.41724
51Roanne (42)0.40922
52Nevers (58)0.40922
53Montauban (82)0.40025
54Bourges (18)0.40025
55Châlons-en-Champagne (51)0.40020
56Blois (41)0.40020
57Albi (81)0.40020
58Agen (47)0.40020
59Chamonix (74)0.39328
60Vannes (56)0.39123
61Quimper (29)0.39123
62Le Havre (76)0.39123
63Le Puy-en-Velay (43)0.38526
64Cahors (46)0.38526
65Moulins (03)0.38121
66Auxerre (89)0.38121
67Alençon (61)0.38121
68Albertville (73)0.38121
69Niort (79)0.36422
70Chartres (28)0.36422
71Rodez (12)0.34823
72Mende (48)0.34823
73Charleville-Mézières (08)0.34823
74Oyonnax (01)0.33324
75Montluçon (03)0.33321
76Millau (12)0.33321
77Mazamet (81)0.33321
78Guéret (23)0.33321
79Saint-Dié-des-Vosges (88)0.30423
80Digne-les-Bains (04)0.30423
81Angoulême (16)0.30423
82Epinal (88)0.30020
83Aurillac (15)0.28025
84Les Sables-d'Olonne (85)0.27322
85Briançon (05)0.27322
86Saint-Flour (15)0.20020

 

Sélection de villes de moins de 20 fréquences

RangVilleScoreNb Freq
1Annemasse (74)0.90010
2Valenciennes (59)0.75016
3Colmar (68)0.71414
4Bourgoin-Jallieu (38)0.71414
5Aiti (20)0.70010
6Arras (62)0.68816
7Villefranche-sur-Saône (69)0.66715
8Béziers (34)0.66715
9Narbonne (11)0.64314
10Lens-Béthune (62)0.64314
11Belfort (90)0.63611
12Noyon (60)0.61513
13Montbéliard (25)0.61513
14Nîmes (30)0.61118
15Meaux (77)0.60015
16Dourdan (91)0.60010
17Mâcon (71)0.58312
18Bagnols-sur-Cèze (30)0.58312
19Dunkerque (59)0.57919
20Nérac (47)0.56216
21Epernay (51)0.56216
22Mantes-la-Jolie (78)0.55618

 

Discussion

Sans surprise, les plus grosses agglomérations françaises se retrouvent dans les premières places (Paris, Marseille, Lyon). A l'inverse, les préfectures les moins bien classées sont situées dans l'Est de la France : Bar-le-Duc (55) avec un score de 0,200 pour 15 fréquences, Chaumont (52) avec un score de 0,200 pour 20 fréquences, ou dans les Pyrénées : Foix (09) avec un score de 0,182 pour 11 fréquences... Les villes du Nord/Pas-de-Calais se trouvent associées à des scores relativement élevés, témoin d'une longue histoire radiophonique.

Les villes frontalières devant se partager la ressource hertzienne avec le pays voisin, elles sont désavantagées (i) parce qu'elles disposent d'un nombre plus réduit de fréquences disponibles, et (ii) parce que les radios étrangères qu'il est possible de recevoir, même si elles sont de qualité, ne sont pas prise en compte dans le calcul de ce score.

La bande FM des villes de taille moyenne ne s'étant enrichie que récemment d'une part, et de nouveaux opérateurs nationaux sur des segments thématiques particuliers n'ayant émergé que récemment d'autre part, le score de ces villes de taille moyenne peut se révéler plus élevé que celui de la préfecture voisine. Le cas le plus marquant est Saintes (sous-préfecture, 21 fréquences, Score=0,524 #31) par rapport à La Rochelle (préfecture, 20 fréquences, Score=0,450 #47), en raison de la présence de Jazz Radio, Radio Nova et d'un grand nombre de radios régionales à Saintes.

Le choix de pénaliser les radios nationales musicales et généralistes émettant en passif est contestable, mais cela présente l'avantage de fournir une solution simple à mettre en œuvre.

L'une des limites de cette approche réside dans le fait que les fréquences émises depuis une ville voisine et dont le niveau de réception est encore suffisant pour être audible dans une ville donnée ne sont pas prises en compte (e.g. Radio France depuis Gex-Montrond ou Perrine FM pour Annemasse). Cela pénalise ainsi les villes de taille moyenne qui évoluent dans le périmètre d'une ville importante dont la bande FM déborde largement sur les villes voisines. La prise en compte de ces situations implique néanmoins d'effectuer des calculs de niveaux de réception pour chaque radio dans chaque ville, ce qui se révèle assez chronophage pour un résultat qui ne devrait pas nécessairement changer de celui indiqué ici.

 

 

Last modified: Thu Feb 21 22:02:10 CET 2019